[INTERVIEW] Anthony Davis – Skier L’Esprit Libre

Bonjour!

Une fois par mois, je rencontre un expert dans mon domaine, et je partage avec vous notre conversation.

Voici mon interview avec Anthony Davis, fondateur de Skicology.

Anthony partage dans cette interview les principes derrière un esprit libre, comment skier mieux et librement et retrouver le fun lorsque vous skiez!

Cette interview est en anglais. Je l’ai traduite et retranscrite pour vous ci-dessous.

Vous pouvez contacter Anthony directement via son site www.skicology.com.

 

 

Sandie Martel: Aujourd’hui je suis avec Anthony Davis de Skicology. Bonjour Anthony !

 

Anthony Davis: Bonjour Sandie !

 

Sandie Martel: Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi et ton parcours, ce que tu fais et comment en es-tu arrivé à faire ce que tu fais aujourd’hui ?

 

Anthony Davis: On m’a présenté à un moniteur de ski qui était intéressé par la Programmation Neurolinguistique, la PNL que je pratiquais il y a 12 ou 13 ans. Je travaillais dans le business mais il m’a dit « je me demande si ça s’applique au ski ? ». On a discuté, il avait un problème donc je lui ai fait une suggestion. Il est parti skier le lendemain avec ses clients et il est revenu et m’a dit « Oh mon dieu ! les résultats sont incroyables, tu peux m’aider à nouveau ? »

Donc cet hiver là en 2005, j’ai créé un cours pour une demi-douzaine de moniteurs de ski. Ce que je fais c’est que mes clients me donnent un problème, ils partent sur les pistes, jouent avec ce que je leur ai donné, reviennent et en demandent plus. Il semble que les moniteurs de ski sont très bons côté technique mais ce que je partage est une explication de comment les gens fonctionnent. S’ils comprennent comment les gens fonctionnent, ils peuvent apprendre l’aspect technique bien plus rapidement.

Et puis j’ai été curieux, parce que je pensais que j’allais alors travailler avec des skieurs débutants puis ensuite avec des pros, mais ça ne s’est pas passé comme ça.

Pour finir j’ai créé 2 ateliers pour moniteurs de ski professionnels qui passaient des examens.

J’avais peur parce que je ne skiais pas à ce moment-là.

Je faisais du snowboard, j’y arrivais pas trop mal mais je ne skiais pas et j’allais aider les moniteurs de ski… ? Mais je me suis dit de toute façon, ils ne sont pas là pour apprendre l’aspect technique du ski, ils sont surtout là pour apprendre comment aller au-delà de leurs limites de sorte que leurs compétences et capacités ressortent naturellement.

J’ai donc fait ce premier atelier un mardi soir pour moniteurs de ski. Le suivi était le jeudi et leur directeur est venu vers moi juste après et m’a dit “je ne sais pas ce que tu as fait avec eux mardi, mais mardi ils étaient vraiment mauvais mais quand nous sommes sortis mercredi, ils skiaient à un haut niveau. Il a ajouté « je pouvais leur imposer tout ce que je voulais : hors-piste dans les arbres, ski sur bosses, sauts, peu importe, ils faisaient tout et ils étaient bons en plus. Je ne sais pas du tout ce que tu as fait avec eux. » Le plus marrant c’est que le directeur d’une des plus grandes écoles de ski des Alpes est venu me voir discrètement et m’a dit « Ca faisait 17 ans que j’avais ce problème et il est parti, qu’as-tu fait ? »

Tout ce que j’ai fait c’est parler. Et c’est ce qui est super, c’est dans la conversation que le changement opère. Il ne s’agit pas d’y travailler dur, les gens auraient déjà trouvé la réponse s’ils y bossent depuis 10 ans. Le problème c’est que vous ne cherchez pas la réponse au bon endroit, c’est tout.

C’est bien plus simple que ça. C’est aller à la source de l’effet, la source du comportement, la source de la peur ou de l’anxiété, de la pression. Pour une mère qui reprend le ski, c’est la responsabilité d’avoir une famille. Elle skiait bien il y a 6 ans mais maintenant avec une famille, elle pense que c’est OK pour le mari qui va skier, elle doit aussi s’occuper des enfants. Et ça encombre pas mal son esprit. Donc si on comprend la source de ce problème, parce qu’il s’agit simplement d’un effet, ça semble être réel et oui, dans la mesure où vous le ressentez c’est réel, mais si vous comprenez la source, que c’est vous qui créez ça, ça ne vous affecte plus autant. Vous prendrez toujours des précautions et aurez toujours certains comportements qui vous protègent bien sûr, vous pouvez toujours vous occuper des enfants mais ça ne vous limite plus. Peut-être que vous n’irez plus jouer au parc, vous n’irez peut-être plus skier hors-piste, vous passerez sans doute du temps avec les enfants, et quand ils seront fatigués, vous ferez une pause. Vous aurez plus de fun avec vos enfants et à un moment vos enfants skieront mieux que vous.

 

Sandie Martel: Donc tu disais que tu avais commencé avec la PNL, mais ça c’est différent, non?

 

Anthony Davis: En effet, ce que je fais aujourd’hui est différent. J’adore la simplicité. A l’école, ma prof de maths disait que j’étais paresseux mais que ce n’était pas un problème parce que selon elle les meilleurs mathématiciens sont les plus paresseux puisqu’ils trouvent la façon la plus simple de faire quelque chose.

Ma mère avait le vertige, c’était une phobie, et elle faisait avec, et je me suis dit que ce n’était pas une bonne stratégie à long terme, on doit forcément pouvoir y remédier. Et quand j’ai découvert la PNL, notamment le remède en 5 minutes, j’ai pensé que ça pourrait faire partir le problème parce qu’avec la thérapie dite classique et autres du genre, cela peut mettre des années avant de partir, et puis ça semblait un peu difficile, il devait forcément y avoir quelque chose de plus simple.

J’ai donc découvert ce remède PNL de 5 minutes qui mettait entre 30 à 40 minutes, puis j’ai découvert la Thérapie du Champ Mental (TFT) et en 2 minutes, le problème partait. Et c’est le cas pour 80% des personnes, je ne sais pas pourquoi mais ça fonctionne.

Et puis je me suis dit que peut-être il y a quelque chose d’encore plus simple, et j’ai donc découvert les principes dont je parle et le fonctionnement de l’esprit humain qui nous explique comment notre expérience est créée.

Si vous faites un tout petit ajustement là, d’ici à ce qu’il se manifeste au niveau du comportement, c’est un énorme changement, mais vous n’avez pas eu à faire le gros changement, il s’est manifesté avec une toute petite modification au niveau de la perspective. Vous voyez les choses légèrement différemment mais ça change tout au niveau de votre comportement alors que vous n’avez rien eu à faire. Le simple fait de voir les choses différemment a complètement modifié le comportement. Vous n’avez pas eu à travailler dessus, ça a fait tilt, ça avait du sens : la prise de conscience, la réalisation, peu importe comment vous l’appelez. « Oh c’est ça ! », super, maintenant il ne reste plus qu’à faire ce qu’on a à faire.

C’est tout en un, il n’y a rien à faire ni à penser et tu sais combien de temps ça prend ? Une seconde. Ça a été une réalisation pour moi, que tout changement, tout ce que nous apprenons prend environ une seconde. Il se peut que nous passions notre vie à travailler pour avoir cette seconde. C’est juste que ça mettra un peu plus de temps c’est tout.

 

Mais cette réalisation… que ce soit un enfant qui apprend les maths, tu sais 1+1=2, ils vont comprendre mais quand ils auront vraiment compris le moment où ça fait une réelle différence, ils se diront « ah mais oui ! » et seront super excités, 2+2=4 ! Super! 3+3=6. Cette fois, c’est vraiment compris.

Ou alors je vais acheter des bonbons à 2 euros, j’ai une pièce d’1 euro et une autre pièce d’1 euro, ça fait 2 euros! Wow! 1+1=2.

La différence c’est que ça fait une réelle différence dans ta vie, sans que tu aies besoin d’y réfléchir vraiment. Il ne s’agit pas d’une intervention intellectuelle.

 

Sandie Martel: C’est plus naturel, tu n’as plus besoin de trop forcer ni réfléchir.

 

Anthony Davis: Oui, la pensée est lente, la vitesse de l’esprit est rapide. En sport on parle de « flow » ou « in the zone », ou encore être au top de sa forme, en fait il n’y a pas vraiment de pensée consciente parce que tu opères à la vitesse de l’esprit, ce qui te permet d’être sur ta lancée.

Donc si je suis sur mes skis, c’est comme si je suis passager, comme si j’ai un chauffeur qui me conduit sur les pistes. Je peux voir et observer ce qui se passe autour mais mon corps fait ce qu’il a à faire pour skier et ce qui est intéressant, c’est que j’ai l’impression que le temps est au ralenti alors que je vais plus vite que les autres.

C’est comme si tout était au ralenti et j’ai tout le temps du monde pour observer, planifier ma route, voir que je serai là-bas parce que ce skieur sera ailleurs. Ça semble être lent parce que je fonctionne très rapidement. Je n’ai donc pas peur puisque je peux naviguer naturellement.

J’ai remarqué la saison dernière que lorsque je skiais, je commençais à freiner si je voyais beaucoup de monde sur la piste, des objets qui bougeaient partout.

Et je me suis dit je ne peux pas skier comme ça parce que je suis trop lent, donc je me relaxais et accélérais et plus j’accélérais, plus les gens autour semblaient ralentir donc je pouvais naviguer facilement entre les gens et c’est là que j’ai découvert que c’est comme ça que skier fonctionnait pour moi. De plus j’en avais une bien meilleure expérience.

 

Sandie Martel: Donc quels sont les résultats pour les personnes qui travaillent avec toi et comprennent comment ça fonctionne?

 

Anthony Davis: Je recommande toujours de travailler avec un moniteur de ski parce qu’ils vous apprennent l’aspect technique. Comme dans tous les sports, que ce soit le tennis, le golf, la course auto, il y a toujours un aspect technique et c’est le job d’un moniteur de ski. J’aide à comprendre ce qu’expliquent les moniteurs de ski parce qu’on dirait qu’ils enseignent le côté technique, mais ce qu’ils essaient de faire c’est de vous diriger de sorte que l’aspect technique ait du sens pour vous.

En fait vous devez apprendre, vous devez avoir vos propres prises de conscience « ah c’est comme ça que les skis tournent ! », « voilà ce que je fais avec les pieds dans mes bottes lorsque les skis tournent, ça y est je comprends ! »

Il semble donc que ce que dit le moniteur est important mais ce qui est vraiment important c’est ce que ça veut dire pour vous lorsque vous n’avez rien à l’esprit, pour que vous puissiez absorber l’information.

Donc ce que je fais c’est que j’aide les gens à apprendre bien plus rapidement avec un moniteur de ski. Je leur envoie beaucoup de clients parce qu’ils sont préparés et ouverts, prêts à apprendre donc ils apprennent très rapidement.

J’organise également des ateliers de ski, je fais une session le soir pendant plusieurs jours et les participants passent la journée avec un moniteur de ski et ils skient parce qu’il faut mettre en pratique et jouer avec ce qu’ils ont appris.

Les résultats… si je travaille avec un groupe qui comprend l’aspect technique sur les pistes, passer de débutant à intermédiaire prend 3 à 4 jours au lieu de 3 ou 4 saisons.

Les gens s’amusent plus, et si vous voulez vous améliorer, vous apprenez davantage, entre 4 et 500% plus rapidement avec très peu d’efforts et très peu d’énergie. Comme je dis toujours, vous devez être très en forme pour être mauvais au ski mais vous n’avez pas besoin d’être super en forme pour bien skier, parce que si vous vous battez contre la façon dont votre corps fonctionne naturellement, cela demande énormément d’énergie.

C’est la même chose avec le snowboard. Je peux enseigner les bases du snowboard de là où je suis en ce moment-même, de même pour le ski. Je peux donner une expérience de comment les skis tournent. Je ne vais pas sur les pistes mais je peux donner aux gens une expérience, un feeling parce qu’on parle de ressentir comment les skis tournent, de remarquer un tout petit mouvement, c’est bien assez pour faire tourner une paire de skis. Votre corps bouge-t-il dans tous les sens ? Non, c’est bien assez, c’est très subtil mais restez avec ce ressenti, qui est suffisant pour faire tourner les skis. Votre corps n’a pas besoin de faire autre chose, il trouvera ce qu’il devra alors faire, sans avoir à bouger dans tous les sens parce que c’est un malentendu…

On a tendance à projeter ce qu’on sait déjà sur quelque chose qu’on ne connait pas. Par exemple, les gens marchent, plus nous sommes âgés plus nous avons de pratique en ce qui concerne la marche. Sur des skis, la première chose qu’un débutant va faire c’est qu’il va essayer de marcher avec ses skis, comme des chaussures géantes. Avec les skis, il faut glisser. Si vous glissez, cela demande moins d’énergie. Lorsqu’on marche et surtout quand on court, pour nous arrêter, nous allons planter les talons et nous pencher légèrement en arrière. Sur les skis, c’est l’accélérateur, vous allez décoller.

Ensuite, si nous voulons tourner à droite lorsque nous marchons, nous allons bouger le haut du corps vers la droite et les jambes suivront. Si vous faites la même chose sur une paire de skis, les skis vont en fait tourner vers la gauche. Donc si vous projeter ce que vous connaissez sur quelque chose que vous ne connaissez pas, notamment dans le domaine du ski qui fonctionne totalement à l’opposé de ce que nous connaissons, cela va être très déroutant. Ça fonctionne très bien pour la marche et la course mais ça ne fonctionne pas pour le ski.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a certaines choses que vous pouvez utiliser lorsque vous êtes plus âgé. L’équilibre par exemple. Plus nous avançons dans l’âge, meilleur est notre équilibre parce que nous avons plus d’expérience. Et ça c’est super sur des skis parce que vous bougerez automatiquement votre corps vers son équilibre. Nous avons cette vision périphérique sans même y penser. Prenez les chariots au supermarché, nous naviguons notre chariot sans même y penser. Nous pouvons choisir des articles dans les rayons et bouger sans que personne ne se rentre dedans.

Donc lorsque vous arrivez sur les pistes, vous avez déjà ça. C’est la même chose si vous conduisez, vous êtes conscient de ce qui se passe autour de vous mais vous n’avez pas besoin d’y mettre toute votre attention. Sur la route ça serait un carnage.

Même chose sur les pistes donc, c’est en vous et plus vous êtes âgés, plus vous avez d’expérience donc vous êtes meilleur. Vous pouvez voir ce qui se passe autour de vous, c’est déjà acquis, ce n’est pas le cas des enfants, vous avez un avantage sur les enfants. Vous avez un meilleur équilibre, vous naviguez plus intuitivement, votre conscience de l’espace est meilleure que celle d’un enfant.

On dit que les enfants ont un avantage sur nous parce qu’ils n’ont pas peur, c’est juste qu’ils n’ont pas autant d’expérience de la marche donc ils ne s’en font pas et n’essaient pas de projeter sur le ski, Ils sont curieux“oh tiens, quelque chose de nouveau, comment ça fonctionne?”. Et tout va bien pour eux.

 

Sandie Martel: Oui ils pensent moins aux choses que nous

 

Anthony Davis: Aussi quand ils tombent, ils ne vont pas s’asseoir dans la neige et tenter d’analyser ce qui vient de se passer, ce qui n’a pas été. Ils se relèvent. Ils ne regardent pas autour d’eux et ne se disent pas “Oh non tout le monde me regarde, je suis nul au ski, je suis fou, je ne suis pas un skieur inné. », (personne n’est né skieur !) et ils continuent leur chemin.

Alors qu’un adulte a tendance à penser que tout le monde le regarde. Non, tout le monde est comme vous, ils ne font attention à personne. Personne ne vous regarde.

Nous avons tous été debutants quelque part. Que ce soit pour marcher, parler, conduire une voiture, apprendre les maths, l’anglais, peu importe. Le premier baiser, c’est embarrassant parce que vous ne l’avez jamais fait. Mais une fois que vous l’avez fait, vous vous rendez compte que c’était pas si mal. Vous SAVEZ. Une fois que vous avez donné votre premier baiser, avec un peu de chance le second sera meilleur. Vous n’avez pas à y mettre toute votre attention, ça se fait tout seul.

 

Sandie Martel: Mais c’est ce qu’on a tendance à faire notamment avec le ski je pense. Je tombais très souvent.

 

Anthony Davis: Moi aussi

 

Sandie Martel: Bien sûr! Mais c’est là qu’on pense que quelque chose cloche chez nous, on n’est pas capable, on n’est pas assez bien et je suppose que c’est ce qui empêche d’avoir une bonne expérience du ski.

 

Anthony Davis: Selon les statistiques, en Amérique, 82% des personnes qui commencent le ski arrêtent. C’est 4 personnes sur 5. Ils commencent parce que c’est fun, ça se fait entre amis et en famille, ça permet de passer du temps en dehors du bureau, la montagne est souvent magnifique.

La première raison est pour le fun.

La raison pour laquelle ils disent abandonner est parce qu’ils ne font aucun progrès, ils ne passent pas la barre intermédiaire. Donc ils sont meilleurs que les débutants mais ils reviennent au chasse-neige, ils retardent le ski parallèle, ils ont un peu peur, ils sont coincés et ne progressent plus. Ça serait pourquoi ils ne skient plus.

En fait la vraie raison c’est qu’ils ne savent plus pourquoi ils avaient commencé : le fun. Ce n’est plus amusant, on cherche une cause externe pour l’expliquer. Mais vous ne vous amusez plus, si c’était le manque de progression, tous les skieurs arrêteraient parce que la plupart d’entre nous ne progressons pas.

Pendant un temps nous ne progressons pas, puis nous avons une prise de conscience, en 1 seconde nous voyons les choses différemment et nous nous améliorons. Nous avons cette longue phase de non progression mais comme nous nous amusons, nous restons dans le jeu.

Si c’était vrai que l’absence de progrès était la raison numéro 1, il n’y aurait pas de skieurs haut niveau : ils restent longtemps au même niveau puis ils s’améliorent.

Zéro progrès – zéro progrès – zéro progrès.

Ils n’abandonnent pas pour autant, ça fait partie du jeu.

Parfois c’est fun, c’est bien, je continue. On dirait que c’est l’absence de progrès mais ce n’est pas vrai.

J’ai des amis qui sont à un niveau intermédiaire, ils s’amusent comme des fous, ensemble on profite, on skie dans différents endroits et nous nous retrouvons ensuite ou alors nous descendons ensemble. Je les attends pour les prendre en photo.

En Amérique, l’industrie cherche des moyens pour aider les gens à progresser. Mais ce n’est pas là qu’il faut regarder. Que pouvons-nous faire pour que les gens aient plus de fun, parce que si c’est fun, on apprendra. Si c’est sérieux, on n’apprendra rien. Et c’est dommage parce que les gens dépensent une fortune pour apprendre à skier, partir en vacances, acheter l’équipement, les vêtements, ils abandonnent parce qu’ils pensent qu’ils n’avancent plus, alors qu’en fait il faut miser sur le fun pour ensuite progresser.

 

Sandie Martel: Et donc pour qui est Skicology ?

 

Anthony Davis: Skicology… Mes clients sont des gens qui reprennent le ski après un break. Ça fait un moment que vous n’avez pas skié, par exemple, une mère qui a arrêté de skier pendant quelques années pour s’occuper des enfants. Ses nouvelles responsabilités l’empêchent de profiter pleinement des joies du ski. Ou suite à une blessure, on ne se sent pas au top mentalement et on a peur de se blesser à nouveau.

Un exemple, les ligaments croisés.

Il y a 8 ans, je ne m’y connais pas vraiment au niveau médical, mais un de mes amis m’avait dit que 3 de ses ligaments croisés avaient été retirés, il ne lui en restait plus qu’un, il devait donc porter une genouillère. J’avais écrit ce petit livre de 18 pages (disponible sur skicology.com), Skier L’Esprit Libre. Il me dit « as-tu quelque chose pour moi ? » Donc je lui ai proposé de lire mon livre juste avant de dormir.

Il l’a donc lu, sa femme l’a lu également, et le lendemain matin nous sommes partis skier. Il a décidé de ne pas mettre sa genouillère parce que ça n’avait plus aucun sens pour lui, il s’est rendu compte que ça l’empêchait de skier correctement.

Nous avons commencé à skier, et il a dit n’avoir jamais autant aimé skier. Il avait été freiné à cause de la blessure, il en était toujours conscient mais a réalisé que plus il skiait librement, moins il avait de chances de se blesser à nouveau. Sa femme a ajouté « j’avais cette peur de skier mais elle est partie, qu’as-tu fait ? » – je n’en ai aucune idée.

C’est éphémère, ça s’en va. Nous pensons que c’est un problème mais ça s’en va lorsque nous n’y prêtons pas attention.

C’est comme où va la douleur lorsque nous dormons ? Où va l’inquiétude lorsque nous dormons ? Ca n’était pas vraiment là mais ça semblait réel.

J’adore quand les gens vont se coucher et se réveillent le matin et ils ont changé. C’est comme si le monde était toujours le même, ça n’a pas changé mais parce que VOUS avez changé, il apparait différent. Ce qui se passe c’est que vous avez un tout petit changement, une petite prise de conscience et c’est ce qui rend les choses très différentes. Vous n’avez rien eu à faire, les comportements que vous aviez sont partis, et peuvent être remplacés par quelque chose de nouveau. Mais vous n’avez pas eu à faire un effort pour aller d’ici à là, c’est juste parti. Donc comme une pensée disparait, cela fait place à quelque chose de nouveau qui vous ira mieux et qui fonctionnera mieux pour vous.

 

Sandie Martel: Donc en gros il n’y a aucun effort à fournir, on n’a pas besoin d’analyser nos problèmes

 

Anthony Davis: Non, tu peux si tu veux mais ça veut dire que ce que tu recherches mettra plus de temps à arriver. Comme je dis toujours, un problème partagé est un problème doublé. Ça sera deux fois pire et ça restera bien plus longtemps. Si tu comprends vraiment quelque chose, ça va s’améliorer, et si tu ne comprends pas, ça sera pire. Il n’y a rien de mal à ça, c’est juste que ça te dit que tu ne comprends pas vraiment ce qui se passe.

Je travaillais dans l’écologie et la conception de paysages et je travaillais avec la nature. La nature a sa force, c’est comme les humains parce que nous faisons partie de la nature, ça ne fonctionne que dans un sens. Si tu travailles avec, tu auras de superbes résultats, tu peux donner un petit coup de pouce à la nature, pas de souci. Je pouvais restaurer les paysages en 6 à 12 mois après un gros développement parce que je faisais petit à petit mais en alignement avec la nature.

Lorsque nous nous coupons, notre corps fait le travail naturellement sans aucune interférence mais si je continue de gratter la blessure, ça restera plus longtemps que prévu et j’aurai sans doute une cicatrice à vie ou quelque chose du genre. Mais si je laisse faire les choses, au bout d’une semaine « oh je pense que je me suis coupé mais je ne suis pas sûr ».

Avec la nature, c’est la même chose.

Lorsque je travaille avec des architectes paysagistes, ils ont souvent une solution différente qui demande pas mal de ressources, mais ça vient de leur compréhension de comment la nature fonctionne et j’ai une compréhension légèrement différente. Il y avait souvent pas mal de travail à faire et beaucoup de ressources. C’est là que j’interviens et que j’explique que peut-être nous n’avons pas besoin de tout ça, si nous faisons ça et ça, nous aurons un meilleur résultat avec moins d’énergie et bien moins de ressources et ça sera en plus plus rapide. Ce n’est pas une critique envers eux parce que c’est la façon dont ils voient les choses, ça a du sens pour eux, mais moi étant simple, je me demande avant tout « comment puis-je avoir le résultat que nous recherchons avec un minimum d’énergie et de temps ? », parce que nous sommes faits ainsi. C’est mon point de départ.

 

C’est comme comprendre l’essence absolue de quelque chose. Si vous faisiez ça, beaucoup d’autres choses se feraient toutes seules. Si c’est compliqué c’est que vous regardez en face de vous plutôt que de regarder derrière ce qui se présente. Si vous regardez derrière, c’est bien plus simple à expliquer. Le professeur Stephen Hawking ne cherche pas la théorie unifiée de l’univers la plus compliquée, il cherche la théorie unifiée la plus simple pour quelque chose d’aussi complexe que l’univers. C’est ce qui est bien avec la science, ils recherchent quelque chose de simple pour l’expliquer.

Mon ordinateur et le tien fonctionnent avec la logique binaire, 1 et 0, c’est tout. Ils peuvent faire des choses complexes mais les principes derrière le système des ordinateurs est binaire.

La gravité est un principe qui permet à un système complexe de fonctionner.

Les êtres humains ne sont pas différents. Nous avons un « système d’exploitation » ou plutôt fonctionnement simple. Pour que 7 milliards de personnes fonctionnent de la même façon, nous devons avoir un fonctionnement simple. Si nous avions tous des fonctionnements différents, ça serait le chaos total, il n’y aurait pas d’ordre, on ne pourrait même pas communiquer.

Ce à quoi nous pensons est différent mais comment nous pensons est identique. Nous avons tous le libre arbitre, ce qui veut dire que nous pouvons répondre aux circonstances différemment.

Il y a un dicton chinois qui dit « il ment comme un témoin », ce qui signifie que tu peux voir un accident ou un incident se passer sous tes yeux, s’il y a 12 témoins, il y aura 12 perspectives différentes de la même chose, 12 histoires différentes parce qu’ils auront des jugements différents. Et si tu leur demandes le lendemain, tu auras encore 12 nouvelles histoires parce que notre esprit n’est comme une vidéo, il crée des choses nouvelles. Nos souvenirs ne sont pas comme une vidéo, il ne s’agit pas d’une caméra. Nous avons une mémoire sélective selon ce que nous ressentons sur le moment. On va choisir quelque chose qui peut-être bien, mal ou indifférent du passé selon ce que nous ressentons sur le moment.

Par exemple, « cette relation était terrible, enfin il y avait quelques points sympas dans cette relation, on s’aimait bien. » La relation a-t-elle changé ? Non.

Ma mère me disait que j’étais l’enfant le moins bien élevé, mais à d’autres moments elle me faisait un gros câlin et me disait combien elle m’aimait. Qui suis-je? L’enfant le moins bien élevé ou le plus adorable ? Je n’ai pas changé. Ma mère pensait juste différemment, c’est tout.

C’est normal, ça va et vient, comme un pendule qui balance. Ça balance mais ça se corrige tout seul, on n’a rien à faire.

Lorsque c’est pas si bien, ce n’est pas le moment de prendre des décisions importantes.

J’en ai fait l’expérience sur les pistes, j’étais vraiment coincé dans ma façon de penser et je suis tombé. Je me suis assis dans la neige et je riais parce que je venais de réaliser ce qui venait de se passer. Je savais ce qui se passait mais malgré ça, je n’ai pas réussi à m’en sortir jusqu’à ce que je tombe et que je me suis assis dans la neige avec les skis autour de moi. Quelqu’un est venu me voir pour me demander si tout allait bien, vu que je riais. Oui tout allait bien, cette personne ne pouvait pas voir le côté rigolo de la chose, moi je pouvais.

Il fallait que je descende de la montagne et le seul moyen était de continuer à skier et la meilleure façon pour moi de faire ça était de me relaxer. J’ai skié et ça a été. J’ai rencontré des amis au restaurant et j’ai pensé qu’il fallait juste que je reste là assis et je déciderai ensuite de ce qu’il fallait que je fasse. Je n’avais pas à décider de suite. Nous avons mangé, je ne me suis pas senti bien et je me suis dit « oh j’ai une légère blessure à la tête, je ne vais donc pas skier cet après-midi, OK », je n’ai pas eu à forcer quoi que ce soit, ma décision avait du sens pour moi.

C’est ce qui a du sens sur le moment, pas la peine de prendre une décision quand tu ne te sens pas très bien. Je ne me suis pas dit qu’il fallait que je me pousse. J’ai juste pris le temps de voir ce qui semblait logique. Mes amis m’encourageaient à aller skier mais je savais exactement ce que je devais faire « allez skier, je vais rester ici, prendre un chocolat chaud et regarder les gens skier ».

C’est comme si tu te faisais confiance, mais te faire confiance n’a pas ce côté anxieux, tu SAIS tout simplement. C’est comme quand tu te demandes si c’est la bonne réponse. Est-ce la bonne réponse ? Oui. Sûre? Oui, super. J’ai la bonne réponse qui vient avec un bon feeling. Tu es d’accord avec toi-même. Tandis que si tu te poses la question « dois-je aller skier avec eux ? Ils ne vont plus m’aimer si je ne vais pas skier avec eux… »… On m’a dit un jour que la façon la plus rapide de reprendre une activité est de se relever et d’y aller, alors si je tombe et que je skie à nouveau, est-ce une bonne chose pour moi maintenant ? Non.

Ce n’est pas la réponse, je vais prendre mon temps et voir ce qui me vient ensuite.

 

Sandie Martel: Exactement, c’est la meilleure approche. Excellent. Et bien, merci Anthony!

 

Anthony Davis: Merci Sandie

 

Sandie Martel: Comment les gens peuvent-ils te contacter ?

 

Anthony Davis: Ils peuvent aller sur le site www.skicology.com sur lequel ils peuvent réserver des sessions directement. Le site sera bientôt dans différentes langues. Il y a aussi un eBook, un audiobook, celui que j’ai mentionné plus tôt.

Si vous voulez me contacter, c’est anthony [at]skicology.com

Si ça vous intrigue, parlons-en.

Avec Skicology pas besoin de beaucoup de sessions parce que nous travaillons à la source. Nous ne travaillons pas sur ce que j’appelle « l’effet ». Si nous travaillons à la source, vous voyez quelque chose de légèrement différent et BOOM tout change. On ne travaille donc que sur quelques sessions parce que l’idée est de vous aider à retrouver le bon temps et le fun dans le ski aussi rapidement que possible, avec le moins d’effort possible.

Sandie Martel: Merci !

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site skicology.com

Vous pouvez également télécharger mon guide gratuit qui reprend ces principes fondamentaux pour un esprit clair et une vie plus heureuse sans le moindre effort.

 

Photo Günther Sader

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2 réponses à “[INTERVIEW] Anthony Davis – Skier L’Esprit Libre

  1. Salut Sandie,
    Bravo pour ton boulot sur le blog,Je suis très content d’avoir trouvé une interview mêlant le ski et la PNL ! J’adore
    Merci pour ce partage 😉
    Morgan

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