Ne Plus Craindre La Critique

J’avais un rendez-vous avec une cliente cette semaine et le sujet qui est arrivé sur la table est la peur de la critique.

 

J’avais déjà écrit un article sur le sujet il y a quelques temps mais vu que ça fait un bail et que je vois les choses encore plus profondément, je me suis dit que peut-être je serais inspirée d’y ajouter quelques lignes.

 

Je pense ne pas me tromper en me disant que nous avons tous à un moment eu peur de la critique. Ce n’est pas quelque chose d’agréable et c’est vrai qu’on a tendance à toujours vouloir l’éviter.

Seulement voilà, la plupart du temps, pour l’éviter, nous avons trouvé un subterfuge qui, à première vue, semble nous protéger de la critique :

 

Ne plus rien faire, ne plus rien dire et se rendre homme ou femme invisible, voire accepter tout et n’importe quoi pour être apprécié ou accepté.

Nous sommes les champions en la matière.

 

Je m’y reconnais bien et je reconnais bien là d’autres professionnels comme les coaches qui n’osent pas se montrer, de peur de… Mais pas que.

 

Est-ce réellement la solution cependant ? Je suis d’accord que ça fonctionne plutôt pas mal, encore que… même quand vous ne faites ou ne dites rien, la critique réussit encore parfois à vous tomber dessus.

 

Mazette, que faire ? Sommes-nous perdus ?

 

Meuh non, bien sûr.

 

Dans un premier temps, nous devons nous rendre compte que nous ne pouvons pas l’éviter.

 

Puisqu’elle sera toujours présente dans notre vie, autant apprendre à vivre avec.

 

Et c’est bien plus simple que vous ne le pensez.

 

Voici ce que je vois :

 

  1. La Critique N’a Pas Le Pouvoir De Dicter Ce Que Vous Ressentez

 

Ze malentendu.

 

Allons droit au but et regardons le vrai problème droit dans les yeux.

 

Vous avez cette impression que la critique vous fait ressentir ce que vous ressentez, et en général, ce n’est pas plaisant (que ce soit constructif ou non).

Par exemple, peut-être avez-vous été humilié dans le passé et ce que vous avez ressenti à ce moment-là vous a marqué et semblait venir directement de ce que les autres vous ont dit.

 

Tiens, j’ai un petit exemple perso pour vous. Lorsque j’avais 14-15 ans, on m’a fait pas mal de remarques sur ma prise de poids assez soudaine. Je l’ai mal pris et ai accusé ces personnes de me faire ressentir ce mal-être qui a engendré la descente aux enfers vers l’anorexie un peu plus tard.

 

Et oui, on dirait vraiment que ça fonctionne dans ce sens :

 

Quelqu’un vous dit quelque chose => Vous ressentez un certain malaise => Il semble qu’il y ait un lien direct entre ce que la personne vous a dit et ce que vous ressentez.

 

Mais c’est tout simplement impossible, aussi fou que cela puisse paraître.

 

Je ne dis pas que la personne n’a pas été mauvaise envers vous et qu’elle n’a pas tenté de vous faire du mal. Mais ce qu’elle vous a dit, ou ce qu’elle a fait n’a PAS le pouvoir de dicter votre malaise, ce que vous ressentez.

 

Vous oubliez l’élément le plus important dans cette équation, qui est la pensée sur le moment.

 

Vous ressentez ce que vous pensez sur le moment à propos de ce qu’il s’est passé.

 

C’est la pensée sur le moment et la pensée uniquement qui a le pouvoir de dicter ce que vous ressentez.

Vous n’auriez pas d’émotion ni de ressenti, et même pas d’expérience si vous ne pensiez pas.

 

Vous avez donc ressenti vos pensées sur le moment.

Le malentendu, c’est de croire que quelque chose d’autre que la pensée sur le moment a le pouvoir de dicter ce que vous ressentez. Et c’est ce malentendu qui mène à cette torture d’esprit qui nous empêche d’être réellement nous-mêmes et de faire les choses qui nous tiennent à cœur.

Bien sûr, si je crois que la critique a le pouvoir de dicter ce que je ressens, je vais essayer de l’éviter à tout prix, soit en ne faisant plus rien de ma vie, soit en essayant de plaire à tout le monde…

 

Grave erreur. Mega boulette. Douloureuse illusion.

C’est le plus gros malentendu de tous les temps.

 

Si, en revanche, je sais que je ressens ce que je pense à propos de la critique que je reçois, alors je n’ai plus rien à craindre. Je ne vais tout de même pas commencer à craindre ce que je pense ?

C’est comme si je dessine un monstre et que je m’enfuis en courant à la vue de ce dessin à chaque fois…

C’est futile et un jeu sans fin, même si on le fait tous, lorsqu’on tombe dans cet énorme malentendu.

 

Je ressens ce que je pense à propos de la critique, là, maintenant. Dans 2 secondes, il se peut que je pense quelque chose de bien différent, et que je ressente donc quelque chose de très différent.

 

  1. Vous Ne Prenez Pas En Compte La Pensée Sur Le Moment (je n’agis pas, de peur de me sentir mal si je reçois une critique)

Votre problème est donc que vous ne voyez pas ce qui se passe réellement, à savoir… que vous pensez pardi !

Attention, je me répète maintes fois dans cet article et sur ce blog, mais croyez-moi, c’est fait exprès et c’est pour la bonne cause. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.

 

Tant que vous ne voyez pas que vous pensez et à quel point cette affirmation est bien plus profonde qu’elle n’y paraît, vous vous retrouverez dans le fameux malentendu cité plus haut et qui fait que vous devez sans cesse tenter de vous protéger, pour ne pas vous sentir mal.

 

Moins vous vous rendez compte que vous pensez, plus vous allez penser.

Je sais, c’est un peu bizarre, mais je vais essayer de m’expliquer sans vous pondre un autre pâté :

 

Si je crois que je ressens autre chose que la pensée sur le moment, alors je vais commencer à craindre « la chose » qui semble me faire ressentir ces émotions négatives (bizarrement, lorsque nous ressentons des émotions positives, nous ne remettons rien en cause, mais c’est le même principe).

 

Reprenons mon petit exemple précédent.

 

J’ai eu du mal à accepter les vilaines remarques à propos de mon corps. J’ai commencé à craindre la critique parce que ce que j’ai ressenti à ce moment-là était fort désagréable.

Il a d’abord fallu que j’évite ces personnes (tout un tas de pensées supplémentaires par rapport à ce qu’elles m’ont dit, qui elles sont pour me dire des choses pareilles et j’en passe…).

 

Ensuite, je me suis dit qu’il fallait à tout prix éviter ce genre de commentaires pour ne plus me sentir mal (re-pensées à gogo), et la meilleure façon pour moi, c’était de perdre du poids…

 

Si je perds du poids, plus personne ne pourra me dire que je suis grosse. Et enfin je me sentirai bien et libre de tout jugement (vraiment ?), peut-être même bien qu’on me dira que je suis super fine et ça risque de flatter mon ego et enfin je me sentirai au top de ma forme.

 

Bref, tout un tas de pensées inutiles qui au final ne sont pas vraies, je ne suis pas sûre que les personnes minces soient dispensées de critiques et se sentent toutes au top.

 

Si je comprends que je ressens la pensée sur le moment, que rien d’autre que ça ne peut dicter mon ressenti : tristesse, colère, haine, dégoût, joie intense etc. Alors je n’ai pas besoin de me protéger histoire de me sentir mieux. La pensée n’est pas figée et changera probablement à un moment donné, et mes émotions seront donc différentes, lorsque la pensée aura changé.

 

  1. Vous Pouvez Faire Face À La Critique

 

Lorsque je comprends comment mon esprit fonctionne, tout devient plus clair et je n’ai plus à craindre la critique. Il ne s’agit pas de pensée positive, ni d’accepter la critique et de dire amen à tout, mais de comprendre.

 

Si on me dit que je suis grosse aujourd’hui, peut-être me sentirais-je un peu mal à l’aise selon ce que je penserai sur le moment. Ou pas du tout.

Je ne sais pas ce que je vais penser dans 1 minute. Je ne sais pas ce que je vais penser dans 1h. Je ne sais pas ce que je penserai demain.

Je ne sais donc pas comment je vais me sentir dans 1 minute, 1 heure, 1 jour.

 

Nous avons tendance à éviter les choses de peur de nous sentir mal, alors que nous ne savons en aucun cas ce que nous allons penser à ce moment-là.

 

Non, nous ne pouvons pas éviter la critique.

Si je ne sais pas ce que je vais penser dans 5 secondes, comment savoir ce que les autres penseront à leur tour (et a vrai dire, ce n’est pas mon problème).

 

Bref, le futur est une équation incomplète et je contrôle que dalle.

Je ne peux pas agir maintenant (me protéger, ne rien faire, faire tout pour plaire aux autres) en espérant me sentir bien demain.

 

Sachez simplement que vous ne ressentirez jamais, et je dis bien, JAMAIS, la critique directement. Vous ressentirez ce que vous pensez ou penserez à propos de la critique.

Là, tout de suite, si vous pensez à un moment où vous avez été durement critiqué, vous allez ressentir ce que vous pensez à propos de cette pensée.

 

Si je repense à mon épisode « grosse vache » (je ne m’auto-insulte pas, c’est ce qu’on m’a dit à plusieurs reprises à l’époque), je ne ressens que ma pensée par rapport à cet épisode ou cette critique, et clairement aujourd’hui ça ne me fait plus peur, ça ne me fait ni chaud ni froid. Ma pensée a changé.

 

Et c’est ce qui se passe constamment : nos pensées changent sans cesse. C’est la bonne nouvelle du jour.

 

J’espère que vous comprenez mes vélleités de cocoricotage, je pense qu’il vous faudra relire cet article lentement et à plusieurs reprises. Ou pas. Et un jour, peut-être, vous ferai-je une vidéo pour vous expliquer de vive voix.

 

En attendant, vous pouvez sortir de votre cachette 😉

Bonne re-lecture et je vous dis à très vite.

 

Si l’envie vous brûle de me poser une question précise par rapport à un sujet qui vous touche et vous enquiquine, n’hésitez pas à la poser ci-dessous ou par email, je me ferai un plaisir de vous répondre par article ou vidéo.

 

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2 réponses à “Ne Plus Craindre La Critique

  1. Pouvez-vous donner un exemple? Quelle était votre pensée sur le moment de la critique (Celle qui a généré de la frustration)? Et quelle est votre pensée aujourd’hui (Celle qui vous laisse indifférente face à la critique)?
    Comment laisser partir une pensée et en faire venir une autre, celle qui serait génératrice d’un ressenti positif?

    1. Bonjour Jeanne et merci pour votre question. L’important n’est pas ce que je pensais, mais de me rendre compte que je pensais. Le contenu de la pensée importe peu, le simple fait de savoir aujourd’hui que je ressentais la pensée sur le moment m’aide a ne plus rester coincée dans cet engrenage qui me fait redouter la critique et les gens autour de moi.
      Saisissez-vous la nuance?
      Je ne redoute plus la critique, tout simplement parce que je sais que je ne peux avoir une experience de cette critique que via la pensée. Je ne ressentirai jamais la critique directement, je vais ressentir ce que je pense a propos de cette critique. Peu importe ce que je pense, ce qui compte c’est de voir QUE je pense (pas ce que je pense). Je vais réfléchir a faire une video pour que cela soit plus facile a comprendre.
      N’hesitez pas a me poser davantage de questions pour que je puisse comprendre ce que vous « entendez ».
      Merci.
      Sandie

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